Korè 684
vers 490 av. J.-C.
Musée de l’Acropole, Athènes, Grèce

Close-up of an ancient marble sculpture depicting a woman with detailed, wavy hair and a circular earring against a black background.

Détail de la Korè 684 présentant une coiffure particulièrement élaborée et des traits expressifs, rehaussés par des traces de polychromie (vers 490 av. J.-C.).
Musée de l’Acropole, Athènes, Grèce. Photographie : Socratis Mavromatis.

Pour la sculpture finale de ce parcours, j’ai choisi un précédent sculptural que j’ai découvert pour la première fois lors de visites faites durant mon enfance à l’ancien Musée de l’Acropole (situé sur l’Acropole elle-même) avec ma tante Emmanuela, guide archéologique. Des décennies plus tard, j’ai renoué avec cette œuvre, la Korè 684, au nouveau Musée de l’Acropole, ouvert en 2009, notamment dans la perspective d’accueillir les marbres du Parthénon, actuellement conservés au British Museum à Londres, au Royaume-Uni.

La Korè 684 représente une jeune fille, datée d’environ 500 av. J.-C. La statue est considérée comme une offrande votive dédiée à la déesse Athéna, initialement placée sur l’Acropole, à proximité du Parthénon. À la suite de l’invasion perse de 480 av. J.-C., elle fut ensevelie par les Athéniens revenus sur les lieux lors d’un dégagement cérémoniel du site sacré. Cet ensemble, connu sous le nom de « Perserschutt » (débris perses), devint une véritable capsule temporelle, préservant cette œuvre ainsi que des dizaines d’autres sculptures jusqu’à leur redécouverte lors de fouilles menées à la fin du XIXᵉ siècle.

Cette statue constitue un exemple majeur des korai (jeunes filles), figures emblématiques de la période archaïque (env. 600–480 av. J.-C.) et contreparties féminines des kouroi (jeunes hommes) nus. Les korai sont toujours représentées vêtues, adoptant des postures formelles et droites, avec des drapés élaborés et des chevelures stylisées. Des traces de polychromie vive (couleur) demeurent visibles sur celle-ci comme sur beaucoup d’autres, attestant qu’elles n’étaient pas à l’origine de marbre blanc. L’une de leurs caractéristiques essentielles est le « sourire archaïque », une convention artistique interprétée comme l’expression de la grâce divine et de la vitalité, plutôt que d’une émotion humaine spécifique. D’autres korai remarquables sont conservées au Musée national archéologique d’Athènes et au Louvre.

Prenant cette sculpture exceptionnelle pour modèle, j’ai demandé à ma fille, Sofia, alors âgée de douze ans, de poser. Ma sculpture, Korè, intègre ce sourire énigmatique aux traits de ma fille. Elle est la seule sculpture de la série Hellenic Heads à lever le regard.